La sécurité des personnes et de leurs biens demeure un casse-tête en RD Congo en général et en province du Sud-Kivu en particulier où l’on assiste régulièrement à des assassinats ciblés commis par des hommes armés non autrement identifiés. Les victimes de ces barbaries humaines se recrutent au sein de toutes les catégories sociales de la province : religieux, journalistes, défenseurs des droits humains, avocats,…
Depuis l’avènement de l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération (AFDL) en 1996 jusqu’aujourd’hui, en passant par la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) en 1998, l’Eglise catholique de Bukavu n’a cessé d’être prise pour cible par les hommes en armes. Déjà en octobre 1996, l’Archevêque de Bukavu, Mgr Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, avait été abattu par les soldats de l’AFDL. Dernièrement, ce sont la paroisse catholique de Ciherano, le couvent des Frères Maristes de Nyangezi et l’hôpital général de référence de Mukongola/Kabare qui ont été visités et cambriolés par des hommes armés non autrement identifiés, respectivement le 02, le 05 et le 12 octobre 2009.
Aujourd’hui, l’Eglise catholique de Bukavu continue à être dans l’œil du cyclone : un prêtre et une religieuse viennent d’être abattus par des hommes armés à la paroisse de Kabare et au Monastère Notre Dame Clarté-Dieu de Murhesa, en territoire de Kabare, respectivement en dates du 05 et du 07 décembre 2009. Si l’assassinat de la Sœur Denise Kahambo est survenu moins de deux jours après celui de l’Abbé Daniel Cizimya, cela ne peut que susciter des interrogations sur les véritables mobiles des assassins. D’aucuns parlent d’un escadron de la mort visiblement hanté par le seul désir d’anéantir et de réduire au silence l’Eglise catholique de Bukavu.
Commis au nez et à la barbe de ceux-là à qui incombe la responsabilité de protéger et sécuriser la population et ses biens, tous ces assassinats foulent au pied les prescrits du droit tant national qu’international qui consacre le caractère sacré de la vie humaine, garantit le droit à la vie et à la protection. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) ne stipule-t-il pas, en son article 3, que « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ? »
Et, en dépit du fait que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois » (Constitution, article 12), certains compatriotes continuent à payer le lourd tribut de la faible application des dispositions constitutionnelles. A ce titre, la mission dévolue aux forces de l’ordre (police et FARDC), celle de « sécuriser les personnes et leurs biens, de maintenir et rétablir l’ordre public » (Constitution, article 182 et 187) se trouve également mise au défi. L’impunité gagne du terrain à son tour, car les autorités se complaisent à ouvrir des enquêtes qui n’aboutissent jamais ou dont personne ne connaît l’issue.
Dans sa mission de défendre et protéger les droits humains et les libertés fondamentales, la LDGL-Antenne de Bukavu a diligenté cette enquête en vue d’appréhender la situation sur terrain, d’éclairer l’opinion tant locale, nationale qu’internationale sur les méandres de l’insécurité persistante au Sud-Kivu et d’établir les différentes responsabilités dans le cauchemar que vit l’Eglise catholique de Bukavu. Ceci permettra aux différentes autorités (politiques, administratives, militaires, civiles) de jouer chacune son rôle dans le but de rétablir la paix et la sécurité en province du Sud-Kivu et de restaurer l’autorité de l’Etat à tous les niveaux.
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