KINDU Le Maniema qui est une des onze provinces de la République Démocratique du Congo, située au centre du pays et qui est issue du découpage de l’ancienne province du KIVU en 1988 est aujourd’hui dans un Etat de non droit caractérisé par un dysfonctionnement criant et sans précédent de l’appareil judiciaire et l’absence d’une prison centrale.
En effet, depuis début décembre 2009, l’unique tribunal de grande instance qui désert cette province vaste de 132.250 Km2 pour une population d’environ 2.200.000 habitants, ne dispose à ce jour d’aucun juge.
La prison centrale de Kindu, chef-lieu de la province, fortement délabrée et endommagée par les prisonniers lors de leurs révendications, ne sait plus garder les détenus.
Tous les criminels, assassins, voleurs à main-armée, auteurs des viols et violences sexuelles, malfaiteurs,... circulent librement au vu de toutes les autorités sans être inquiétés. Et ce, pendant que le Président de la République et le gouvernement congolais avaient décrété le principe de "tolérance zéro".
Le parquet général et celui de grande instance, désemparés, ne savent plus mettre les inculpés sous le lien d’un mandat d’arrêt provisoire, ni les présenter devant la chambre du conseil.
Cette situation qui consacre et renforce l’impunité, réconforte les malfaiteurs et est à la base de la recrudescence de la criminalité et des vols à main-armée. Elles insécurisent non seulement les opérateurs de la justice (OPJ, magistrats, inspecteurs judiciaires,..), mais aussi les victimes, les avocats, les défenseurs des droits humains qui accompagnent ces victimes.
Comme dans une jungle, les gens recourent de plus en plus à leur propre justice.