BUJUMBURA La Ligue des Droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL) a rendu publique une déclaration sur le Burundi, la RD Congo et le Rwanda, trois pays se trouvant dans son champ d’action, ce mercredi 16 décembre 2009.
Concernant le Burundi, la LDGL salue les avancées du processus électoral mais reste inquiète des dérives qui risquent de décrédibiliser les élections. Les entraves liées au fonctionnement des partis politiques et aux organisations de la société civile doivent être levées afin de favoriser la circulation de l’information et des idées sur les défis majeurs tels que la lutte contre la corruption et la réduction de la pauvreté.
La LDGL condamne la manipulation des jeunes à des fins politiciennes à travers le sport notamment qui devait plutôt contribuer au rapprochement des citoyens. A ce propos, elle recommande au Gouvernement de prendre des mesures urgentes afin de préserver la jeunesse de la spirale de la violence.
Quant au rapport des experts des Nations Unies sur le Congo, la LDGL recommande au Gouvernement du Burundi de vérifier les informations publiées dans ce document et de prendre des mesures efficaces afin de briser le circuit d’approvisionnement des FDLR en concertation avec le Gouvernement congolais.
Concernant la RD Congo, La LDGL déplore la recrudescence de la violence à l’Est et en particulier les assassinats, les viols et les violences sexuelles commis par les FARDC et les FDLR en dépit des opérations KIMYA II et UMOJA WETU. Le Gouvernement congolais doit ouvrir des enquêtes sur les cas d’assassinats et condamner les auteurs en respectant les garantis d’un procès juste et équitable.
La LDGL n’a pas manqué de déplorer que les militaires impliqués dans le viol contre les pygmées à Walikale en avril 2009 aient été remis en liberté après leur condamnation par la justice militaire.
Ainsi, la LDGL recommande au Gouvernement de redynamiser la justice en général et les juridictions militaires en particulier et de traduire tous les militaires impliqués dans les violations des droits de l’homme devant la justice.
Le Gouvernement doit également prendre des mesures efficaces afin de réprimer les actes de corruption à tous les niveaux, souligne la LDGL.
Quant au Rwanda, la LDGL rappelle qu’elle avait salué l’abolition de la peine de mort mais déplore que l’abolition de la peine de réclusion criminelle à perpétuité ne soit pas à l’ordre du jour en dépit de son caractère inhumain.
La LDGL constate également qu’en marge des élections de 2010, les espaces d’expression démocratique méritent d’être ouverts davantage pour permettre une circulation des idées et l’émergence d’un débat démocratique sur les grands défis.
Concernant les juridictions Gacaca, la LDGL déplore les dérives observées au courant du deuxième semestre de cette année (corruption avérée des juges, jugements non motivés, règlements des comptes …). Si à l’aube du génocide, le fonctionnement des juridictions Gacaca étaient justifiées à cause de la décapitation du système judiciaire, plus de 15 ans après, rien ne peut expliquer la survivance d’une institution fondée sur les violations des droits de l’homme, conclut la LDGL.
Il est à signaler que la déclaration a été suivie d’une conférence de presse tenue à Bujumbura par le président de la LDGL, Me Joseph Sanane Chiko, à l’issue d’une rencontre régionale des délégués des membres et personnels de la LDGL , organisée du 15 au 16 décembre 2009, dans laquelle participaient des Burundais et leurs collègues venus du Rwanda (Kigali) et de la RD Congo (Uvira, Bukavu, Goma, Rutchuru, Maniema et Kinshasa)
Lire la déclaration