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| Chiffres
clés:
- Population: 6 millions
d'habitants
- Dette extérieure:
I milliard de dollars en 2002
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Arusha: Un accord
sans effet sur le terrain, Depuis, la guerre continue |
D'Arusha au Cessez-le-feu
(Problématique d'application d'un accord)
Le Chemin de paix au Burundi
n'est pas une synécure. C'est un véritable et continuel défi depuis
la mise en route des négociations en Tanzanie. Arusha: un accord de
paix sans champ d'application ni politique, ni militaire
Par
Jean-Marie Vianney Kavumbagu,
Chargé d'Information/Observatoire et Webmaster
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Le Burundi fait
face à une guerre civile meurtrière dont les effets
néfastes sur la vie des populations ne cessent de se multiplier
depuis plus de 9 ans.
L'évolution des droits
de la personne, durant cette période, se traduit par un
cortège de malheurs qui affligent la population burundaise
dont la survie est devenue excessivement précaire, du fait
de la violation continuelle du droit à la vie sans lequel
les autres droits n’existent pas. Ceux qui n’ont pas
été emportés par la guerre endurent ses conséquences
dans les camps de déplacés disséminés
à travers le pays par la pauvreté et la misère.
Pour d’autres, les conditions de vie se sont dégradées
face à la dévaluation de la monnaie, au point de
rendre nul leur pouvoir d’achat.
Face aux endémies comme
le paludisme, les maladies opportunistes du VIH-SIDA et d’autres
diverses maladies et infections dues au manque d’hygiène,
la majorité de la population burundaise est confrontée
à l’inaccessibilité aux soins. Faute de pouvoir
s’acquitter des frais d’hospitalisation, des malades
convalescents sont parfois « détenus » dans
certains hôpitaux publics et privés. Le gouvernement
a pris la décision d’interdire ce genre de pratiques
sans compenser les dépenses occasionnées par le
traitement des indigents dans les hôpitaux.
L’arrêt de la guerre
est une condition incontournable pour mettre un terme à
ce tableau sombre de la situation des droits de l’homme
au Burundi. Depuis le 21 juin 1998 en effet, les protagonistes
dans le conflit burundais ont négocié un accord
de paix. Celui-ci fut signé le 28 octobre 2000 en présence
de plusieurs personnalités de la communauté internationale.
Malheureusement, un accord signé sur fond de désaccord
notable entre protagonistes et sur pression de la communauté
internationale, si bien que son application reste hypothéquée
et surtout compromise par les mouvements rebelles qui n’avaient
pas adhéré au compromis.
Aujourd’hui comme hier,
la société civile, en général, et
les associations des droits humains, en particulier, observent
curieusement, ce paradoxe entre l’esprit de l’accord
et les effets contraires sur le terrain dans une résignation.
Avec les négociations actuelles sur le cessez-le feu, le
moment est venu pour la société civile de sortir
de son mutisme et d’agir en exigeant, s’il le faut,
le respect des engagements des uns et des autres en vue de mettre
fin à ce conflit meurtrier.
Un accord sous pression
Si la communauté internationale
a perçu la signature de l’accord d’Arusha,
le 28 octobre 2000 comme une étape importante dans le rapprochement
des Burundais opposés sur le plan politique et ethnique,
la population burundaise, par contre, est restée indifférente
face à l’événement étant donné
que l’accord d’Arusha était considéré,
dès le départ, comme un engagement entre politiciens
auquel le peuple n’était pas associé.
En effet, les négociations
entre protagonistes politiques avaient commencé dès
le lendemain des événements d’octobre 1993
: les négociations de Kigobe et Kajaga avaient abouti à
la convention de gouvernement en 1994. Celle-ci n’a pas
été respectée dans les faits dans la mesure
où la guerre qu’on voulait éviter avait redoublé
d’intensité jusqu’à l’heure actuelle.
D’autres négociations ont eu lieu à Mwanza
(1996) et à San Egidio à Rome (clandestinement)
sans aboutir à des résultats concrets.
Quant aux négociations
d’Arusha qui ont débuté le 21 juin 1998, elles
portaient en elles-mêmes les signes avant-coureurs des difficultés
d’application qui devaient découler de l’accord
car :
· d’abord, les parties
ne sont pas parvenues à un cessez-le-feu qui était
prévu dès le début des pourparlers.
· ensuite, les différents rounds de négociations
ont été précédés par l’intensification
des attaques rebelles sur le terrain pour un meilleur positionnement
sur l’échiquier médiatique, diplomatique et
politique.
· enfin, pendant que les négociations se déroulaient
à Arusha, le gouvernement avait initié un processus
de paix interne consistant à organiser des débats
à l’intérieur du pays y compris sur les négociations
d’Arusha. Le scepticisme, dès lors, était
mis à la portée de ce débat, puisque les
négociations d’Arusha semblaient primer sur le débat
interne. Le médiateur Mandela a dû lui-même
effectuer deux visites au Burundi pour expliquer l’opportunité
de négociations d’Arusha.
Au regard de cette évolution
des pourparlers, la signature de l’accord d’Arusha,
le 28 octobre 2000, n’avait donc rien de rassurant au Burundi.
Au fur et à mesure que la date butoir du 28 août
approchait, la tension montait, les attaques rebelles s’intensifiaient
et les activistes des syndicats et organisations anti-Arusha multipliaient
les actes de contestation et de boycott de l’événement.
Quelques illustrations nous permettent
d’analyser cette évolution au cours du mois d’août
2000.
En date du 6 août 2000,
les rebelles tendent une embuscade, sur la route Bujumbura –
Ijenda, à une équipe d’officiers de l’ISCAM.
Bilan 27 personnes tuées dont quelques civils.
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Le
16 août 2000, le commandant de la 4ème région
militaire, colonel Balthazar Nzeyimana, est tué dans une
embuscade avec deux de ses subalternes, tandis que deux autres
officiers sont blessés et transportés à l’hôpital
de Cankuzo. Une certaine opinion faisait croire que l’embuscade
était tendue au ministre de la Défense, ce qui faisait
monter la tension.
Le 17 août 2000, le président
du syndicat COSYBU lance un mot d’ordre de grève
illimitée, à partir du 21 août 2000. Il sera
arrêté le lendemain ainsi que le président
de la PA-Amasekanya accusé d’avoir organisé
une grève sans autorisation pour exiger le départ
du gouvernement en place. Les opérateurs économiques
soutiennent le mouvement de grève et demandent au gouvernement
de faire respecter le droit de la liberté d’expression.
Dans la nuit du 20 au 21 août
2000, des coups de feu et explosions de grenades sont entendus
toute la nuit dans les quartiers sud de la capitale (Musaga, Kanyosha
et Kibenga). Le 23 août 2000, une grenade explose au marché
de Ruvumera. Trente sept personnes sont blessées dont 17
gravement, tandis que 4 personnes trouvent la mort sur-le-champ.
Quatre autres personnes succombent à leurs blessures. |

10
juillet 1993: Passassion de pouvoir entre Buyoya et Ndadaye. Cent
jours plus tard, le Burundi basculait dans l'horreur
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Le lendemain 21 août 2002,
le président de la République s’entretient
avec les représentants des différents quartiers
de la mairie de Bujumbura pour expliquer les enjeux de l’accord
d’Arusha et apaiser les esprits. Quelques heures après,
dans la nuit, le marché de Jabe prend feu et tout ce qui
s’y trouvait brûle.
Entre-temps, le G10 (Groupe de
dix partis politiques) d’obédience tutsi écrivait
au médiateur pour lui dire qu’il ne signera pas l’accord
de paix le 28 août ; que le projet d’accord est sous
examen et qu’il sera considéré comme un document
de travail. Le même son de cloche provenait de l’Accord
Cadre pour la Restauration d’un Etat de Droit opposé
à Arusha et de la diaspora tutsi pour inviter la communauté
internationale à ne pas avaliser la signature de l’accord
d’Arusha.
La veille de la signature de l’accord,
le 27 août 2000, les rebelles du FNL attaquent les quartiers
de Gihosha, Gikungu et Gasenyi, occasionnant la mort de sept personnes.
Cinq personnes sont blessées tandis que trois véhicules
sont incendiés.
Le jour de la signature, la peur
et l’incertitude se lisaient sur les visages, et de nombreuses
personnes avaient commencé à fuir le pays vers la
frontière car les rumeurs sur un éventuel coup d’Etat
se répandaient déjà telle une traînée
de poudre.
A Arusha, les négociateurs
de l’accord subissaient, quant à eux, la pression
de la
communauté internationale
pour signer l’accord.
C’est dans ce contexte que
l’accord a été signé, avec des «
réserves » pour certains. Trois « petits »
partis du G10 qui avaient résisté aux pressions,
exigeant l’engagement des rebelles, n’ont pas tardé
à le faire sur pression du médiateur, le 20 septembre
2000, au sommet de Naïrobi. Ce dernier était prévu
pour amener les rebelles à signer l’accord mais sans
succès.
Un accord sans base d’application
Malgré la signature de
l’accord de paix, l’année 2001 ne sera pas
différente des années antérieures en matière
de violations des droits de l’homme. Dans son rapport annuel
édition 2001, la Ligue Iteka relevait que les cas de violations
des droits de l’hommefaisaient état de 894 personnes
tuées dont 621 par la rébellion, 265 par des militaires
de l’armée régulière et 8 par des «
gardiens de la paix » ; ainsi que 352 blessés dont
319 par des rebelles, 30 par des militaires de l’armée
régulière et 3 par des « gardiens de la paix
».
La rébellion qui n’avait
signé ni l’accord de paix, au mois d’août
2000, ni le cessez-le-feu, le 20 septembre 2001, a intensifié
ses attaques tout en cherchant à gagner des positions stratégiques
sur le terrain en vue d’une victoire militaire ou tout au
moins une occupation effective du terrain.
On peut retenir, à titre
d’exemple, deux fronts, l’un à l’Est
du pays (Buga-Buhema en commune Kayogoro en province Rutana) et
l’autre à l’Ouest (Tenga-Nyabunyegeri-Mbare
Gasarara-Rukoko en province de Bujumbura rural) et un troisième
qui dépendait de ce dernier, dans la zone Kinama, en mairie
de Bujumbura.
Le front Est avait pour mission
de drainer les combattants à partir des camps de réfugiés,
les armes et les munitions. En effet, le CNDD-FDD, de Jean Bosco
Ndayikengurukiye, combattait au Congo Démocratique aux
côtés de Laurent Désiré Kabila et de
son fils, plus tard, contre les rebelles congolais appuyés
par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.
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Dans la guerre qu’il menait contre le
Burundi, le CNDD était appuyé par la RDC et probablement
l’Angola et le Zimbabwé, selon certaines informations.
Les armes provenaient principalement du Congo Démocratique
et transitaient par la Tanzanie avant d’être utilisées
au Burundi. D’après des informations recueillies
au cours d’une descente sur le terrain à Makamba
et Rutana en 2001, les armes transitaient de Lubumbashi, au
Congo, par la localité de Moba, située à
la lisière du lac Tanganyika. Elles étaient transportées
par bateau à Kigoma, via la localité de Kagunga,
toujours en Tanzanie. De là, les rebelles se déplaçaient
le long de la frontière burundaise avec la Tanzanie,
de Makamba à Cankuzo.
Le sol tanzanien servait également d’entraînement
des rebelles recrutés dans les camps de réfugiés.
Plusieurs personnes interrogées au cours de cette enquête
ont convergé sur le fait que la Tanzanie ne fournissait
pas d’armes aux rebelles et ne participait pas à
leur entraînement.
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Jeunes filles en
service obligatoire:Une politique accidentelle de promotion de
la femme burundaise
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Mais, il était établi que les rebelles subissaient une
légère formation au maniement d’armes près
des camps de réfugiés, probablement à l’insu
des autorités tanzaniennes et du HCR.
Quant au front ouest, celui-ci était
alimenté en hommes par le biais du lac Tanganika. Les rebelles
traversaient ce lac par bateau accostant sur ses rives au sud de la
capitale. De là, ils entraient facilement dans les communes de
Mutambu, Kabezi et Kanyosha sur les hauteurs qui dominent la plaine
de la Rusizi et y organisaient les attaques sans difficultés.
Quant à l’occupation de Kinama, au début de mars
2001, celle-ci constituait une avancée significative dans la
capitale de Bujumbura parce que les rebelles avaient prévu d’y
rester en résistant sur place. Ils pouvaient facilement lancer
des bombes sur les quartiers limitrophes de Kinama, sans doute pour
provoquer un mouvement des résidents de Cibitoke et Ngagara et
occuper davantage l’espace.
Cette menace fut prise au sérieux
par les partis du G 10, accusant le gouvernement de complicité
avec la rébellion. On se rappelle également que le gouvernement
a failli être déstabilisé par une tentative de coup
d’Etat, le 18 avril 2002, mené par 52 mutins sous les ordres
d’un lieutenant, Gaston Ntakarutimana.
Sur le plan politique, l’accord
était inapplicable, étant donné que le protocole
II de l’Accord de Paix d’Arusha pour la Réconciliation
au Burundi, dans son article 23, paragraphe 4, prévoyait en effet
que le président de transition devait mettre en place son gouvernement
60 jours après la signature de l’accord.
Les partis d’obédience
hutu du G7 revendiquaient la mise en place d’un gouvernement de
transition, mais le gouvernement de partenariat s’y opposait pour
la simple raison que les conditions de sécurité n’étaient
pas réunies. C’est ainsi qu’au cours de son conseil
extraordinaire du 8 mars 2001, sous la présidence du chef de
l'Etat, Pierre Buyoya, le gouvernement a réaffirmé que
la mise en place des institutions de transition n'est pas possible tant
qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu.
Le médiateur Mandela finira
par forcer l’allure en obligeant le gouvernement dit de partenariat
d’accepter la mise en place des institutions de transition sans
cessez-le-feu, mais il se heurta à la question de la mise en
place du leadership de la transition. Aussi, finira-t-il par diviser
la transition de trois ans en deux périodes de 18 mois : la première
devait être dirigée par un membre du G10, autrement dit
un Tutsi et la seconde par un représentant du G7, un Hutu, la
vice-présidence revenant d’office à un représentant
de l’autre partie. Le G10 devait, en conséquence, désigne,r
en premier lieu, le leader de la première tranche de la transition,
mais des dissensions n’ont pas tardé à se manifester
au sein du groupe, du fait que le président Buyoya, pressenti
pour diriger la première tranche de la transition n’a pas
eu la majorité des voix de ses partenaires du G10 ayant préféré
le colonel Epitace Bayaganakandi dont six partis soutenaient la candidature.
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Avant le 1er novembre
2001 = Après novembre 2001. Partira ou partira pas? |
Après de longues et
laborieuses tractations, Mandela imposera le président
Buyoya au G10, le 8 juillet 2001, à Lusaka, en mettant
en avant l’argument selon lequel ce dernier était
soutenu par l’armée burundaise sans laquelle le processus
de paix ne pourrait aboutir.
Le 17ème sommet des Chefs
des Etats de la sous-région sur le Burundi, tenu à
Pretoria en Afrique du Sud, le 11 octobre 2001, a abouti à
un compromis sur la mise en place des institutions de transition,
le 1er novembre 2001.
Le président Buyoya et
le président du FRODEBU, Dr Jean Minani, s’étaient
entendus sur la composition et la désignation des représentants
des parties signataires dans les institutions de transition et
engagés à expliquer ces résultats dans leurs
familles politiques respectives.
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Le retour des politiciens exilés
était conditionné à l’envoi d’une unité
de protection composée de troupes étrangères, d’autant
que les rebelles ne pouvaient pas faire partie de cette unité
tant qu’un accord sur le cessez-le-feu n’était pas
encore obtenu. L’Afrique du Sud s’est engagée à
envoyer des unités de protection des leaders politiques rentrés
d’exil en attendant que les forces d’autres pays qui se
sont engagés à envoyer leurs troupes au Burundi n’arrivent.
Exploit et déception
Le président, le vice-président
et les nouveaux membres du gouvernement représentant toutes les
parties en négociations ont prêté serment en présence
de nombreuses hautes personnalités dont cinq chefs d'Etats: Banjamin
M'Kapa de Tanzanie, Frederick Chiluba de Zambie, Olusegun Obasanjo du
Nigéria, Paul Kagame du Rwanda et Bakili Muluzi du Malawi. L'Ouganda
et l'Afrique du Sud étaient respectivement représentés
par les vice-présidents Spéciose Kazibwe et Jacob Zuma.
Les gouvernements congolais (RDC), kenyan, érythréen,
éthiopien et mozambicain avaient également envoyé
des représentants. L'OUA était représentée
par son secrétaire général, Amara Eissy, l'Union
européenne par Aldo Ayello. Le médiateur Nelson Mandela
et le président de la commission de suivi de l'Accord, Berhanu
Dinka, étaient également présents. Le nouveau gouvernement
s'est engagé à respecter la constitution de transition;
à oeuvrer pour l'unité nationale, les droits de l'homme
ainsi qu’à combattre le génocide et l'exclusion.
Le médiateur Nelson Mandela, les chefs d'Etats présents
et les représentants de la communauté internationale ont
apprécié le pas franchi dans le processus de paix burundais
et ont demandé au gouvernement investi d’œuvrer pour
la paix et la réconciliation des Burundais. Ils ont spécialement
demandé aux mouvements rebelles de déposer les armes et
d'entamer la voie des négociations pour mettre fin à la
guerre qui dévaste le pays depuis 8 ans.
La mise en place de ce gouvernement
était un véritable exploit pour la médiation au
regard des controverses et tâtonnements qui avaient prévalu.
Peu d’observateurs y croyaient.
Lors du 17 ème sommet des chefs
d’Etats de la sous région sur le Burundi, le président
Buyoya avait pris les engagements suivants :
· Appliquer toutes les mesures
qui avaient été décidées en août 2000
au cours de la réunion d’Arusha en Tanzanie ;
· Inclure des représentants de touts les partis signataires
dans le futur gouvernement de transition ;
· Inviter la communauté internationale et les Etats de
la région à fournir des troupes de maintien de la paix
qui viendront au Burundi pour renforcer la sécurité et
la protection des hommes politiques importants et, en particulier, ceux
qui rentrent d’exil ;
· Réformer l’armée, dominée par les
Tutsi et y insérer le plus vite possible les groupes armés
et les Hutu ;
· Coopérer avec le Haut commissaire de l’ONU pour
les réfugiés pour le retour de ces réfugiés
et la réinsertion de ceux qui ont été déplacés
dans le pays ;
· Offrir une totale protection à tous les chefs politiques
et notamment à ceux qui sont rentrés d’exil ;
· Ni lui ni le gouvernement ne doivent pas persécuter
les opposants politiques ;
· Libérer tous les prisonniers politiques après
recommandation d’une commission ad hoc ;
· Pleinement coopérer avec le comité de suivi institué
par les accords d’Arusha ;
· S’engager à quitter la présidence du pays
après 18 mois comme convenu ;
Des nouveaux enjeux
Plus d'une année après,
le bilan du gouvernement au niveau de ses engagements n’est pas
reluisant : la guerre s’impose, les violations massives des droits
de la personne continuent, la situation des déplacés et
des réfugiés s’exacerbent.
Actuellement, la solution est en train
d’être recherchée au niveau des négociations
sur le cessez-le-feu, mais les enjeux ne manquent pas : Faut-il garder
l’accord d’Arusha ou négocier un nouveau protocole
d’accord ? Quel sera le degré de représentation
des partis du G7 et des mouvements rebelles au sein de nouvelles institutions
de transition qui en découleront ? Quelle allure prendra le processus
de réforme de l’armée ? Qu’en est-il des personnes
condamnées à de lourdes peines pour crimes commis mais
considérées comme prisonniers politiques ? Qui dirigera
la nouvelle transition ?
La mise en application de l’accord
d’Arusha reste encore un défi pour la classe politique
burundaise, la population burundaise et la communauté internationale.
Tant que la guerre persiste, aucun accord de paix ne peut être
mis en application.
Certes, des négociations sur
le cessez-le-feu sont en cours et constituent le dernier espoir pour
les Burundais de retrouver la paix, la stabilité et les conditions
d’épanouissement physique, moral et spirituel, mais il
faudra que tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir ou d’influence
sur les protagonistes s’investissent pour que la nouvelle période
donnée aux négociateurs ne soit pas une perte de temps.
La société civile doit
s’investir davantage à mener des actions aussi bien envers
les politiciens que la communauté internationale pour amener
la classe politique burundaise à respecter ses engagements, les
principes ainsi que et les valeurs universelles de droits de la personne
humaine
J.M.V.K.
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Mensuel d'information et d'analyse
de la LDGL
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Réverien Interayamahanga
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(Burundi)
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Conseiller technique
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