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2002: Le calvaire des journalistes
Le journalisme mène à tout, dit-on, et le plus souvent en prison. Sur cette photo, nos confrères de « Radio Maendeleo » derrière les barreaux de la prison centrale de Bukavu. Après la suspension de cette station par le RDC de juillet 1999 au 8 août 2001, les autorités rebelles viennent de hausser la barre plus haut : Radio Maendeleo est simplement frappée d’annulation de sa licence d’exploitation, depuis le 9 décembre 2002.
Espoir et incertitudes
Le Comité Directeur de la Ligue des Droits de la personne dans la région des Grands Lacs, LDGL en sigle, a tenu sa dernière réunion statutaire de l’année 2002, du 18 au 21 décembre 2002 à Bujumbura, en République du Burundi. Au cours de cette rencontre, il a analysé la situation des droits de l’homme au Burundi, en RDCongo et au Rwanda. Bien que la situation en général demeure préoccupante, le Comité Directeur s’est réjoui des avancées enregistrées dans les processus de paix au Burundi et en République Démocratique du Congo et le processus de démocratisation au Rwanda. Au Burundi, il s’observe une accalmie relative, consécutivement à l’accord de cessez-le-feu signé le 2/12/2002 à Arusha, en Tanzanie, par le gouvernement et les rebelles du CNDD-FDD de Pierre Nkurunziza. Cependant, des incertitudes planent encore sur ce processus au regard des divergences de vue quant au contenu de cet accord, notamment en ce qui concerne le désarmement, le cantonnement des troupes rebelles et l’importance de questions politiques toujours pendantes. Ce processus reste hypothéqué par le fait que les FNL boudent jusqu’à présent la table de négociation, ceci pouvant compromettre les résultats déjà atteints. En République Démocratique du Congo, la signature de l’accord global et inclusif sur le partage du pouvoir, le 17 décembre à Pretoria, en Afrique du Sud, suscite beaucoup d’espoirs mais hélas aussi des interrogations quant à son applicabilité. Malgré la volonté politique déclarée de trouver une solution pacifique à la crise, on assiste, parallèlement au retrait des troupes étrangères, à l’armement des forces combattantes locales. Il s’ensuit une persistance de graves violations des droits de la personne, dont des tueries, des viols de femmes et de filles sans distinction d’âge, des atteintes au droit à la propriété et à l’expression traduites par la bâillonnement de la presse et des tracasseries à l’encontre des associations et des activistes des droits de l’homme. Au Rwanda, le Comité Directeur a salué le retrait officiel des troupes rwandaises de la RDCongo ainsi que les avancées dans le processus de démocratisation des institutions. Cependant, des efforts restent encore à réaliser dans l’ouverture de ce processus permettant de conduire vers un véritable Etat de droit et dans le respect des droits et libertés fondamentaux. Sur le plan socio-économique, la LDGL est vivement préoccupée par l’accroissement du taux de chômage, qui a pour conséquence l’aggravation de la pauvreté, l’accroissement du fossé entre riches et pauvres ainsi que la montée conséquente de la criminalité. Eu égard à ce qui précède, la LDGL formule les recommandations suivantes : 1° Au Gouvernement et aux groupes rebelles burundais · De tout mettre en œuvre pour aboutir rapidement à un accord de paix global et durable. 2° Au Gouvernement et mouvements rebelles de la RDCongo · de respecter les engagements auxquels ils ont souscrit et de privilégier un processus de paix réellement inclusif ; · d’abandonner la logique de guerre en s’abstenant de toute initiative qui pourrait relancer les violences, en mettant notamment un terme au soutien logistique et financier apporté aux combattants quels qu’ils soient. 3° Au Gouvernement rwandais · de privilégier le jeu démocratique libre et transparent avant, pendant et après la période électorale ; · de prendre des mesures nécessaires et efficaces en vue de protéger les personnes et leur biens. A la Société civile rwandaise · d’accroître la participation citoyenne en s’impliquant notamment dans le processus de démocratisation et en créant un cadre de concertation solide et indépendant en vue de se constituer en interlocuteur valable du gouvernement et de jouer pleinement son rôle de contre-poids vis-à-vis du pouvoir.
Pour la LDGL Dr. Christophe Sebudandi Président
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Mensuel d'information et d'analyse de la LDGL Edité par la "LDGL"
Directeur des publications
Rédacteur en chef
Réverien Interayamahanga Correspondant régionaux
Maquette Mise en page
Chargé d'Information/observatoire
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