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Pour
enfin apercevoir le soleil bienfaisant, un coin du voile, à partir de
2003, se sera-t-il levé à travers le processus de paix déclenché dans
la sous-région des Grands Lacs ?
Nous
serions tenté, de prime abord, d’y répondre à la normande. Tant, à
cet égard, les incertitudes n’autorisent guère à se nourrir d’un
optimisme béat. Mais qu’on
le veuille ou non, les temps ont changé – ils vont encore changer
davantage – et, partant, les acteurs politiques, conscients de ce
changement, ne manqueront pas de s’y faire.
D’une manière ou d’une autre.
Dans
sa dernière livraison, AMANI s’est fait le devoir de consacrer
plusieurs pages sous la rubrique intitulée « signes des temps ».
Nous voulions simplement, dans cette vision, associer à l’idée
le symbolisme africain dans lequel les signes sont signe de vie.
« Le passé, le présent et le futur sont dans les signes »,
proclame la sagesse africaine. Et
la science n’est pas pour le démentir quand elle affirme, pour sa part,
que les signes, faisant partie intégrante de la gestuation, constituent
une des formes non verbales de la
communication sociale.
Quels sont donc ces signes ? Et
quelle est la portée, le cas échéant, de leur message ?
Le premier trait qui caractérise aujourd’hui la sous-région des Grands
Lacs repose essentiellement sur la guerre du Congo, avec des ramifications
au Burundi, les Rwanda et l’Ouganda ayant été ses deux mamelles.
A des degrés divers, cette guerre continue de s’allumer, mais
tout en faisant face actuellement à une série de contre-feux mis en
place par des protocoles d’accord de paix – imparfaits soient-ils.
De ces signes, en dépit des paradoxes qui les accompagnent, retenons
quelques faits essentiels.
1°
La RDCongo.
Considérée comme l’épicentre du conflit, la RDCongo est
aujourd’hui dotée d’un accord de paix : l’Accord de Pretoria.
Celui-ci autant que le retrait des forces étrangères du périmètre
de son territoire donnent l’effet de tranquillisant, en attendant des
curatifs. Il est vrai que la formation d’un gouvernement transitoire
d’union nationale devant conduire le pays aux élections marque le pas,
mais un tel flottement n’affecte pas, forcément, le fond de la
question.
De toute évidence, l’Accord de Pretoria va son bonhomme de chemin, en
ligne droite vers le but, malgré les
quelques dernières pierres d’achoppement rencontrées encore sur
son parcours. C’est un signe positif.
2°
Le Burundi.
Empêtré, depuis plus de neuf ans, dans une guerre interethnique
sans concessions majeures ni honnêtes de la part des belligérants, le
Burundi évolue aujourd’hui à côté de l’Accord d’Arusha.
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Celui-ci
ne manque pas, cependant, de mérite sur toute la ligne.
Il a conduit à un accord de cessez-le-feu quand bien même
celui-ci reste fragile …
Que rien c’est un pas qui ouvre déjà la voie, très
prochainement, à l’interposition sur le terrain des troupes de
l’Onu.
C’est un signe prometteur.
3° Le Rwanda.
Les leçons après le génocide ont imposé le processus de démocratisation
auquel le pays des Mille Collines s’engage aujourd’hui. L’année
2003 s’y ouvre, à la fois, avec des espoirs et des incertitudes.
Pourvu que l’acte, au premier abord, soit posé.
Car, la démocratie ne se décrète pas, elle s’apprend, plutôt.
C’est un signe des temps.
Or, les signes se fondent sur une réalité.
Celle-ci peut être porteuse d’espoir ou chargée de prémonition.
C’est selon.
Cependant, le message qui se dégage de « nos » signes, à
nous, dans la sous-région des Grands Lacs, penche plutôt vers
l’espoir d’une sortie globale de crise. La conférence pour les
Grands Lacs proposée par la France est la bienvenue …à titre
seulement d’adjuvant quand la base interne sera déjà bien ancrée.
Pour
autant qu’on puisse le conjecturer, la mise en place d’un gouvernement
de transition responsable à Kinshasa, l’interposition des forces
onusiénnes entre belligérants au Burundi et le mise en œuvre d’une
démocratie au Rwanda, critiquable soit-elle à un degré ou à un
autre, auront le don de constituer le prélude du retour à la paix
dans l’ensemble de la sous-région des Grands Lacs. Pourvu que
les trois chefs d’Etat ne faisaient leur leitmotiv et … s y accomodent
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